L'assurance automobile coûte en moyenne 598 euros par an en formule au tiers et 809 euros en tous risques. L'écart de 211 euros par an paraît modeste. Mais sur cinq ans, il représente plus de 1 000 euros. Et sur un véhicule ancien dont la valeur ne dépasse plus quelques milliers d'euros, la couverture tous risques peut coûter plus cher que le remboursement qu'elle offrirait en cas de sinistre.
Le choix entre tiers et tous risques n'est pas une question de confort. C'est un calcul financier qui dépend de l'âge du véhicule, de sa valeur résiduelle, de votre profil de conducteur et de votre capacité à absorber un dommage non couvert. Beaucoup d'automobilistes restent en tous risques par inertie, bien après que la formule ait cessé d'être rentable.
Ce guide pose les chiffres, compare les trois formules (tiers, tiers étendu, tous risques), détaille les garanties de chaque niveau et proposé une méthode concrète pour déterminer le moment de changer.
L'assurance au tiers : la couverture minimale légale
L'assurance au tiers est le minimum légal imposé par le Code des assurances (article L211-1). Tout véhicule terrestre à moteur doit être assuré en responsabilité civile. Rouler sans assurance expose à une amende de 3 750 euros et à la confiscation du véhicule.
La responsabilité civile couvre les dommages que vous causez à autrui : blessures corporelles, dégâts matériels sur le véhicule adverse, détérioration de biens publics ou privés (barrières, murs, mobilier urbain). Elle ne couvre rien de ce qui vous concerne : ni votre véhicule, ni vos blessures, ni votre passager si vous êtes responsable.
Ce que couvre le tiers
- Dommages corporels causés aux tiers (piétons, passagers du véhicule adverse, cyclistes)
- Dommages matériels causés aux tiers (véhicule adverse, propriété privée, mobilier urbain)
- Défense et recours en cas de litige
Ce que le tiers ne couvre pas
- Les dommages sur votre propre véhicule (même en cas d'accident responsable)
- Le vol de votre véhicule
- L'incendie
- Le bris de glace
- Les catastrophes naturelles
- Vos propres blessures en cas d'accident responsable
Si vous percutez un arbre, un mur ou un animal, et que vous êtes seul en cause : rien n'est pris en charge. Votre véhicule est détruit ? C'est entièrement à votre charge. Si un autre conducteur est responsable, c'est son assurance qui vous indemnise.
Le tarif moyen de l'assurance au tiers se situe autour de 598 euros par an. Ce montant varie considérablement selon l'âge du conducteur, le lieu de résidence, le bonus-malus et la puissance du véhicule. Un jeune conducteur en région parisienne peut payer 1 200 euros au tiers. Un conducteur de 45 ans avec un bonus de 0,50 en zone rurale descend à 250 euros.
L'assurance tous risques : la couverture maximale
L'assurance tous risques couvre tout ce que le tiers exclut, plus la responsabilité civile obligatoire. C'est la formule la plus complète et la plus chère.
Les garanties incluses
- Responsabilité civile (obligatoire)
- Dommages tous accidents : votre véhicule est couvert même si vous êtes responsable, même en cas de collision avec un obstacle fixe ou un animal
- Vol et tentative de vol
- Incendie et explosion
- Bris de glace (pare-brise, lunette arrière, vitres latérales)
- Catastrophes naturelles et technologiques
- Vandalisme
- Protection juridique étendue
- Assistance 0 km (selon les contrats)
Le tarif moyen atteint 809 euros par an. L'écart avec le tiers est de 211 euros par an en moyenne nationale. Mais cet écart varie : il peut descendre à 100 euros pour un conducteur avec un excellent bonus, ou dépasser 500 euros pour un profil jeune conducteur ou malussé.
La franchise : le reste à charge
Même en tous risques, un sinistre responsable entraîne un reste à charge : la franchise. Son montant est fixé dans le contrat, généralement entre 150 et 500 euros pour les dommages matériels et entre 50 et 150 euros pour le bris de glace.
Certains contrats proposent une franchise à zéro (moyennant une surprime) ou une franchise réduite après un an sans sinistre. Lisez les conditions particulières : la franchise est le paramètre le plus souvent sous-estimé par les assurés.
Le tiers étendu : la formule intermédiaire
Entre le tiers et le tous risques, la plupart des assureurs proposent une formule intermédiaire : le tiers étendu (ou tiers plus, ou tiers confort). Cette formule ajoute au socle de responsabilité civile des garanties ciblées.
Les garanties les plus courantes du tiers étendu :
- Responsabilité civile (obligatoire)
- Vol et tentative de vol
- Incendie et explosion
- Bris de glace
- Catastrophes naturelles
- Assistance et dépannage
Ce qui manque par rapport au tous risques : la garantie dommages tous accidents. En clair, si vous êtes responsable d'un accident (collision avec un poteau, sortie de route, refus de priorité), les dommages sur votre propre véhicule ne sont pas couverts. Le vol, l'incendie et le bris de glace, en revanche, le sont.
Le tarif du tiers étendu se situe entre 650 et 750 euros par an en moyenne. C'est souvent le meilleur compromis pour les véhicules de 5 à 10 ans.
Tableau comparatif des garanties par formule
| Garantie | Tiers | Tiers étendu | Tous risques |
|---|---|---|---|
| Responsabilité civile | Oui | Oui | Oui |
| Défense et recours | Oui | Oui | Oui |
| Vol / tentative de vol | Non | Oui | Oui |
| Incendie / explosion | Non | Oui | Oui |
| Bris de glace | Non | Oui | Oui |
| Catastrophes naturelles | Non | Oui | Oui |
| Vandalisme | Non | Selon contrat | Oui |
| Dommages tous accidents | Non | Non | Oui |
| Assistance 0 km | Non | Selon contrat | Oui |
| Protection du conducteur | Non | Selon contrat | Oui |
La seule garantie qui justifie le surcoût entre tiers étendu et tous risques est la garantie dommages tous accidents. C'est elle qui couvre les dégâts sur votre véhicule quand vous êtes responsable ou quand le tiers n'est pas identifié (délit de fuite, animal sauvage sur la route).
Tarifs moyens par formule et profil
| Profil | Tiers | Tiers étendu | Tous risques |
|---|---|---|---|
| Jeune conducteur (18-25 ans, bonus 1,00) | 900 – 1 400 € | 1 100 – 1 700 € | 1 400 – 2 200 € |
| Conducteur intermédiaire (30-40 ans, bonus 0,68) | 450 – 650 € | 550 – 800 € | 650 – 950 € |
| Conducteur confirmé (45+ ans, bonus 0,50) | 280 – 450 € | 380 – 580 € | 480 – 750 € |
| Malussé (bonus > 1,00) | 1 200 – 2 500 € | 1 500 – 3 000 € | 2 000 – 4 000 € |
Les écarts sont considérables. Un conducteur confirmé peut économiser 200 à 300 euros par an en passant du tous risques au tiers étendu. Pour un jeune conducteur, l'écart atteint 300 à 500 euros. Encore faut-il que la valeur du véhicule justifie la couverture supérieure.
Quel choix selon l'âge et la valeur du véhicule
La règle empirique est simple : si le coût de l'assurance tous risques dépasse 10 % de la valeur du véhicule par an, le tous risques n'est plus rentable. La franchise (150 à 500 euros) réduit encore le montant effectivement remboursable.
Véhicule neuf ou de moins de 3 ans
Le tous risques s'impose. Un véhicule neuf à 25 000 euros mérite une couverture complète. En cas d'accident responsable avec un tiers simple, vous assumez la totalité de la réparation (carrosserie, mécanique, dépréciation). Sur un véhicule récent, la facture peut atteindre 5 000 à 15 000 euros.
Si le véhicule est financé en LOA ou en crédit, l'organisme prêteur exige le tous risques. Le choix ne se pose même pas.
Véhicule de 3 à 5 ans
Le tiers étendu devient une option crédible. Un véhicule de 4 ans valant 12 000 euros, assuré en tous risques à 800 euros par an avec une franchise de 300 euros : le remboursement maximal net (hors franchise) est de 11 700 euros. En tiers étendu à 650 euros, vous économisez 150 euros par an tout en conservant la couverture vol, incendie et bris de glace. Le seul risque non couvert : l'accident responsable.
Si vous roulez peu (moins de 10 000 km par an) et dans un environnement à faible risque (campagne, peu de trajets autoroutiers), le tiers étendu est le bon compromis.
Véhicule de plus de 5 ans
C'est le seuil où le passage au tiers (simple ou étendu) devient rationnel. Un véhicule de 7 ans valant 5 000 euros, assuré en tous risques à 750 euros avec une franchise de 350 euros : le remboursement net maximal est de 4 650 euros. L'assurance coûte 16 % de la valeur du véhicule par an.
En passant au tiers étendu (600 euros), vous économisez 150 euros par an. En passant au tiers simple (450 euros), vous économisez 300 euros par an. Sur 3 ans : 450 à 900 euros d'économies. Ce montant peut financer une bonne partie du remplacement du véhicule en cas de perte totale.
Véhicule de plus de 10 ans
Le tiers simple suffit dans la grande majorité des cas. Un véhicule de 12 ans ne vaut souvent que 1 500 à 3 000 euros. Payer 700 euros par an de tous risques pour un remboursement maximal de 2 500 euros (après franchise) relève du contre-sens financier.
L'exception : les véhicules de collection ou les modèles dont la cote remonte. Certaines voitures des années 2000-2010 voient leur valeur augmenter sur le marché de l'occasion. Si votre véhicule vaut plus de 8 000 euros malgré son âge, le tiers étendu reste pertinent.
Quand changer de formule : la méthode de calcul
Posez le calcul suivant chaque année :
- Estimez la valeur Argus de votre véhicule (La Centrale, Autobiz, Leboncoin)
- Notez le surcoût annuel entre votre formule actuelle et la formule inférieure
- Soustrayez la franchise de la valeur du véhicule : c'est le remboursement maximal net
- Divisez le remboursement maximal net par le surcoût annuel : c'est le nombre d'années pour « rentabiliser » la couverture supérieure
Si le ratio dépasse 5, la couverture supérieure est encore justifiée. Si le ratio tombe sous 3, passez à la formule inférieure. Entre 3 et 5, c'est une zone grise où votre appétence au risque tranche.
Exemple concret : véhicule valant 6 000 euros, franchise 350 euros. Remboursement maximal net : 5 650 euros. Surcoût tous risques vs tiers étendu : 180 euros par an. Ratio : 5 650 / 180 = 31. La couverture supérieure est encore justifiée. Mais si le véhicule ne vaut plus que 3 000 euros (même franchise, même surcoût), le ratio tombe à 14,7. La marge se réduit.
Refaites ce calcul tous les ans. La valeur du véhicule baisse, l'équation bascule.
Comment économiser sur son assurance auto
Comparer chaque année. Les tarifs varient de 30 à 50 % entre assureurs pour un même profil. Les comparateurs en ligne (LeLynx, Assurland, Les Furets) permettent d'obtenir des devis en quelques minutes. La loi Hamon autorise la résiliation à tout moment après un an de contrat.
Optimiser la franchise. Augmenter la franchise de 150 à 500 euros réduit la prime de 10 à 20 %. Si vous n'avez pas eu de sinistre responsable depuis 5 ans, vous pouvez accepter une franchise plus élevée en échange d'une prime plus basse.
Négocier le bonus-malus. Le coefficient de bonus-malus (CRM) est le premier déterminant du tarif. Chaque année sans sinistre responsable réduit le coefficient de 5 %. Après 13 ans sans sinistre, vous atteignez le bonus maximal de 0,50 (50 % de réduction). Un sinistre responsable augmente le coefficient de 25 %.
Regrouper les contrats. Assurer deux véhicules chez le même assureur permet souvent d'obtenir une remise de 5 à 15 % sur le deuxième contrat. L'assurance habitation + auto chez le même assureur génère aussi des réductions.
Adapter le kilométrage déclaré. Certains assureurs proposent des tarifs réduits pour les petits rouleurs (moins de 8 000 km par an). L'assurance au kilomètre (pay-as-you-drive) peut diviser la prime par deux pour un conducteur occasionnel.
Choisir un véhicule peu volé et peu accidenté. Les assureurs classent les véhicules par groupe de tarification. Une citadine à faible puissance coûte 30 à 50 % moins cher à assurer qu'un SUV sportif de même valeur. Le modèle du véhicule pèse autant que le profil du conducteur dans le calcul de la prime.
Cas particuliers : électrique, LOA, jeune conducteur
Véhicule électrique
Les véhicules électriques coûtent en moyenne 15 à 20 % plus cher à assurer que les thermiques équivalents. La raison principale : le coût de réparation de la batterie. Un choc sur le soubassement peut endommager le pack batterie dont le remplacement dépasse 10 000 euros. Les assureurs intègrent ce risque dans leurs tarifs.
Le tous risques est quasi indispensable pour un véhicule électrique neuf, dont la valeur dépasse généralement 30 000 euros. Certains assureurs proposent des formules spécifiques incluant la couverture batterie et la prise en charge du remorquage vers une borne de recharge en cas de panne sèche.
Véhicule en LOA ou LLD
Le tous risques est une obligation contractuelle pendant toute la durée de la LOA ou de la LLD. L'organisme financier, propriétaire du véhicule, exige cette couverture pour protéger son actif. Passer au tiers n'est pas une option tant que le contrat de location court.
En revanche, vous pouvez optimiser le tarif : changer d'assureur chaque année (loi Hamon), augmenter la franchise (si le contrat LOA l'autorise) et comparer les offres spécialisées LOA qui intègrent l'assurance GAP dans le tarif global.
Jeune conducteur
Un conducteur de moins de 25 ans sans antécédents paie en moyenne 1 200 à 1 800 euros par an en tous risques. Le surcoût par rapport à un conducteur expérimenté atteint 100 à 150 %. La surprime jeune conducteur (majoration de 100 % la première année, 50 % la deuxième, 25 % la troisième) est légale et quasi universelle.
Pour un jeune conducteur roulant dans un véhicule d'occasion de faible valeur (2 000 à 5 000 euros), le tiers étendu est souvent le choix rationnel. L'économie de 300 à 500 euros par an par rapport au tous risques est significative à cet âge. Le risque assumé (pas de couverture des dommages en cas d'accident responsable) est proportionnel à la valeur modeste du véhicule.
Le bonus-malus : le facteur qui pèse le plus
Le coefficient de réduction-majoration (CRM) est le mécanisme central de la tarification auto. Tout conducteur démarre avec un coefficient de 1,00. Chaque année sans sinistre responsable : -5 % (coefficient x 0,95). Chaque sinistre responsable : +25 % (coefficient x 1,25).
Le bonus maximal (0,50) est atteint après 13 années consécutives sans sinistre responsable. Le malus maximal est de 3,50 (350 % du tarif de base). Un seul accident responsable après 13 ans de bonus maximal ramène le coefficient de 0,50 à 0,625 — il faut ensuite 3 ans sans sinistre pour retrouver le 0,50.
Le CRM est transférable d'un assureur à l'autre. Il figure sur le relevé d'information, que votre assureur actuel doit vous fournir sous 15 jours sur demande. Il est attaché au conducteur, pas au véhicule : si vous changez de voiture, votre bonus suit.
Un sinistre non responsable n'affecte pas le bonus-malus. Un sinistre de stationnement (véhicule heurté à l'arrêt) non plus, à condition que le tiers responsable soit identifié. Le bris de glace et les catastrophes naturelles n'impactent pas le coefficient.
Le bonus-malus est un levier puissant pour arbitrer entre formules. Un conducteur au bonus maximal de 0,50 paie sa tous risques au prix d'un tiers pour un conducteur sans bonus. Avant de changer de formule, vérifiez si votre coefficient rend la tous risques déjà compétitive. À 0,50, le surcoût entre tiers et tous risques se réduit parfois à 100-150 euros par an — un montant qui peut justifier de conserver la couverture supérieure plus longtemps.
Questions fréquentes
Puis-je passer du tous risques au tiers en cours de contrat ?
Oui. Depuis la loi Hamon (2015), vous pouvez résilier votre assurance auto à tout moment après le premier anniversaire du contrat. Le nouvel assureur s'occupe des formalités de résiliation. Le changement prend effet sous 30 jours. Vous pouvez aussi demander une modification de formule à votre assureur actuel, qui ajustera la prime au prorata.
Le tiers étendu couvre-t-il le vandalisme ?
Cela dépend du contrat. Certains tiers étendus incluent le vandalisme, d'autres non. Vérifiez les conditions particulières. Si votre véhicule stationne fréquemment sur la voie publique dans une zone à risque, la garantie vandalisme mérite d'être incluse. Son coût additionnel est de 30 à 80 euros par an.
Faut-il une assurance tous risques en LOA ?
Oui, c'est une obligation contractuelle. L'organisme financier propriétaire du véhicule exige une couverture tous risques pendant toute la durée du contrat LOA ou LLD. Si vous ne respectez pas cette obligation, le loueur peut résilier le contrat et exiger le remboursement anticipé de l'ensemble des loyers.
Combien coûte un bris de glace sans assurance ?
Le remplacement d'un pare-brise coûte entre 300 et 800 euros selon le modèle de véhicule. Les pare-brise avec capteurs (pluie, caméra ADAS) dépassent 1 000 euros. La franchise bris de glace en tiers étendu ou tous risques est généralement de 50 à 100 euros. Sur un véhicule récent, la garantie bris de glace se justifie presque à elle seule.
Que faire si mon assureur refuse de m'assurer au tiers ?
Un assureur peut refuser un contrat (sauf l'assurance obligatoire de responsabilité civile). Si aucun assureur n'accepte de vous couvrir, vous pouvez saisir le Bureau Central de Tarification (BCT). Cet organisme désigne un assureur obligé de vous couvrir en responsabilité civile, au tarif qu'il fixe. La couverture se limite au tiers obligatoire.
Combien de temps pour retrouver le bonus maximal après un sinistre ?
Un sinistre responsable multiplie le coefficient par 1,25. Si vous étiez au bonus maximal de 0,50, vous passez à 0,625. Il faut ensuite 3 années consécutives sans sinistre pour revenir à 0,50 (0,625 → 0,59 → 0,56 → 0,50, arrondi). Si votre coefficient était plus élevé avant le sinistre, le retour au bonus maximal prend plus longtemps.
L'assurance est le troisième poste de dépense automobile, après la décote et le carburant. Pour une vision complète de votre budget, consultez notre analyse du coût réel d'une voiture sur 5 ans, qui intègre assurance, carburant, entretien et dépréciation poste par poste.
Sources : Fédération française de l'assurance (FFA), données Assurland, Code des assurances. Les tarifs indiqués sont des moyennes nationales et varient selon le profil, le véhicule et la zone géographique.